mars 06, 2019

L’ART ET LE MÉTIER DU TONNELAGE :
SES DÉBUTS


C’est à Michel-Ange que l’on attribue la célèbre citation : « J’ai vu l’ange dans le marbre, et j’ai taillé jusqu’à ce que je le libère. »

Dans ce bois, récolté d’un boisé à gestion durable de l’est de l’Ontario, se cachent des tonneaux qui n’attendent qu’à être libérés par le maître tonnelier de la distillerie Spring Mill, Peter Bradford. Pete nierait sûrement que son travail est digne d’être comparé à celui de ce grand maître italien, mais il admettrait probablement que le tonnelage est bel et bien un art authentique. Le processus de fabrication de tonneaux a survécu depuis des siècles avec très peu de changements. Tout commence par la sélection des bois.

Lorsque le gestionnaire de forêt abat les arbres, Pete se rend au boisé pour choisir les meilleurs. C’est ce choix qui détermine la qualité du produit final.

Le bois (le plus souvent du chêne, bien que la distillerie Spring Mill expérimente aussi avec le caryer, le frêne, l’érable et le cerisier) est examiné avant et après la coupe, et Pete arrête ses choix en fonction de plusieurs critères, dont la forme de l’arbre et les conditions de sa croissance. Ces facteurs déterminent la variété de la texture des fibres du bois, la finesse de son grain et sa teneur en tanins. Un grain serré et une teneur fine en tanins sont synonymes des meilleurs bois.

Les bûches doivent être fendues à la main pour préserver le grain du bois sans rompre ses veines, ce qui est essentiel pour créer des tonneaux sans fuites. La bûche est d’abord fendue en deux, puis en quarts pour former le bois des douelles. Après la fente et le dégauchissement, le bois des douelles est rangé à l’extérieur pour vieillir naturellement, exposé aux éléments pendant plusieurs années.

Ce n’est qu’une fois que le bois est dûment vieilli jusqu’à son état optimal que Pete peut commencer à fabriquer les tonneaux.